C’était ma petite soeur – Yves Viollier

Note : 3 sur 5.

Jeanne se souvient. L’été 1960 s’achève, elle a sept ans. L’Assistance publique les a confiées, elle et ses deux demi-soeurs, à mademoiselle Eugénie qui vit avec ses parents au château des Marguerites. Jeanne a connu les coups et les brimades, avant. Ici, elle goûte, le coeur à peine apprivoisé, à une certaine insouciance : soigner les bêtes, déguster la bonne brioche chaude…
Un jour, tous se pressent autour d’un bébé dans son berceau drapé de blanc. « Ta petite soeur », a murmuré Mademoiselle, les yeux brillants.
Jeanne voudrait juste qu’on l’aime, un peu, vraiment, beaucoup. Mais elle comprend qu’on ne lui dit pas tout…

Avis

Dans les années 1960, Jeanne a 7 ans. Enfants de l’Assistance publique enlevés à leur mère qui ne sait pas s’en occuper, elle et ses petites sœurs Thérèse, 6 ans, et Monique, 5 ans, vont être placées chez Mademoiselle Eugénie.

Mais là où elle pensait trouver un foyer accueillant, Jeanne, petite sauvageonne qui fait beaucoup de bêtises, est régulièrement punie et battue. C’est un personnage particulièrement touchant parce que l’on ressent son désarroi et son incompréhension d’enfant face à la méchanceté de l’adulte. Pourtant, ses incartades ne sont qu’une manière détournée et maladroite de demander de l’attention et de l’amour. Mais, chez Mademoiselle Eugénie, l’éducation se fait à la dure.

Je me suis d’ailleurs beaucoup interrogée sur les raisons qui poussaient Mademoiselle Eugénie à accueillir ces enfants. Quel est son intérêt puisque ce n’est visiblement pas par générosité? Il va falloir attendre la fin du roman pour le savoir et on découvre alors un esprit particulièrement perfide.

Lorsqu’arrive la petite Charlotte, l’ambiance se dégrade encore un peu pour Jeanne. Car il est clair qu’Eugénie aime davantage la petite dernière, lui accorde plus de privilèges, ce qui ne manque pas d’attiser la jalousie et le sentiment d’injustice des plus grandes.

Malheureusement, lorsque l’on retrouve Jeanne à l’âge adulte, on découvre une femme écorchée vive, qui ne trouve pas sa place et que le manque d’amour maternel empêche de vivre pleinement. Et lorsqu’elle osera enfin poser certaines question, ce sera pour le meilleur mais aussi pour le pire.

J’apprécie beaucoup les romans d’Yves Viollier parce qu’on y trouve toujours un brin de nostalgie et, grâce à son écriture fluide, il nous emporte dans une autre époque. Les personnages sont très beaux, à la personnalité recherchée et torturée, ce qui nous les rend attachants. Je trouve d’ailleurs qu’à travers ce récit, on ressent toute la tendresse et l’empathie de l’auteur vis-à-vis de son héroïne.


C’était ma petite soeur – Yves Viollier – Presses de la Cité – 2019

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