Un baiser qui palpite là, comme une petite bête – Gilles Paris

Note : 3 sur 5.

«Je me suis laissée prendre, comme une fille facile.» Ainsi parle Iris avant de se donner la mort. C’est un choc pour l’ensemble du lycée mais surtout pour Emma, Tom et leurs amis. Conscients d’avoir mal agi, ils tiennent à mieux comprendre ce qui s’est passé et à défendre la mémoire d’Iris.

Avis

Je lis peu de romans jeunesse mais, Gilles Paris étant un auteur que j’apprécie particulièrement, je me suis laissée tenter par Un baiser qui palpite là.

Et le moins que l’on puisse dire est que ce roman me laisse perplexe.

Personnellement, j’ai été particulièrement choquée par la vie que mènent ces jeunes adolescents. Ils ont 15 ans, sont plutôt bons élèves mais il semble que toute leur vie tourne autour de l’alcool, de la fumette et du sexe. Evidemment, cet âge est caractérisé par un certain mal-être et la construction d’une personnalité qui passe par le dépassement des limites. Mais je trouve que le curseur est ici placé très loin. On parle de comportements extrêmes et autodestructeurs (comas éthyliques, multiplication des relations sexuelles, etc.), qui s’opèrent sans aucun contrôle parental, les adultes étant totalement défaillants. Peut-être que la jeunesse se vit de cette façon dans certains quartiers parisiens, mais les discussions que j’ai pu avoir avec des jeunes sur le sujet me laissent penser que la situation est bien différente.

Le thème du harcèlement est aussi abordé. Par petites touches, les élèves qui ont côtoyé Iris expriment leurs remords d’avoir mené la jeune fille au suicide par leurs paroles et comportements désobligeants. Mais, si l’idée était d’éveiller les consciences, je trouve que le harcèlement est trop peu abordé et de façon trop anecdotique pour espérer provoquer une remise en question de la part des jeunes lecteurs de ce livre.

Gilles Paris a choisi de donner la parole aux adolescents et, pour ce faire, utilise un « langage jeune » . Outre le fait que cela alourdit le récit et que les jeunes n’utilisent pas forcément ce langage au quotidien, je ne comprends pas l’intérêt d’un lexique qui explique la signification de « daronne » ou de « pécho ». Puisqu’il s’agit d’un livre destiné à la jeunesse, je suppose que le public auquel il s’adresse connaît ce vocabulaire.

Je pense que l’idée de base était bonne mais que l’on s’est un peu perdu en route. Dans tous les cas, je serais curieuse et très intéressée de connaître l’avis des adolescents sur ce roman qui, une semaine après ma lecture, continue à me poser question.

Remerciement à Gilles Paris pour cette lecture.


Un baiser qui palpite là, comme une ptite bête – Gilles Paris – Editions Gallimard Jeunesse – 2021

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