La garçonne – Victor Margueritte

Note : 3 sur 5.

Dans le cercle mondain où gravitent ses parents, Monique Lerbier passe pour originale, sinon même poseuse. En fait, c’est une idéaliste qu’enchantent ses fiançailles avec l’industriel Lucien Vigneret, futur associé de son père. Une déception que rend plus cruelle sa passion pour la franchise et l’honnêteté l’atteint à deux semaines de son mariage. Le choc est rude et la réaction vive. Monique rompt avec un milieu hypocrite qui l’écœure, se fait un nom dans la décoration et organise sa vie à sa fantaisie, goûtant avec indifférence à tous les plaisirs. Elle se veut libre, comme un garçon ? En est-elle plus heureuse ? D’une expérience à l’autre, la question , se pose plus aiguë.

Avis

La garçonne est un roman qui prend son temps pour s’installer, nous détaillant l’enfance de Monique Lerbier entre ses parents indifférents et une nounou aimante. Issue de l’élite mondaine où ragots, médisances et coucheries sont le quotidien, Monique se sent différente. Pétrie de grands idéaux, un brin naïve, elle n’est pas intéressée par ces frivolités et rêve d’un amour pur, vrai, sans mensonge ni tromperie.

A 20 ans, elle s’apprête à se marier avec Lucien Vigneret, sans se douter de l’accord conclu entre Lucien et son père concernant l’entreprise familiale. Refusant un mariage arrangé, elle s’affranchit de sa famille. Devenue décoratrice, elle est financièrement autonome et choisit, en représailles, de vivre comme un homme, en multipliant les conquêtes sans lendemains. Ce qui lui vaut d’être surnommée La garçonne. Mais, en réalité, Monique souffre de cette solitude et espère trouver dans la maternité la tendresse et l’amour dont elle manque cruellement.

La garçonne a fait l’objet d’une première publication en 1922 et on sent que la question de l’égalité des sexes commence à se poser. Monique incarnant parfaitement cette lutte pour le féminisme.

Preuve que Victor Margueritte était en avance sur son temps et comprenait les femmes, je trouve qu’il décrit particulièrement bien les sentiments, émotions et questionnements féminins.

D’ailleurs, l’affranchissement sexuel de la femme dont il est ici question fait débat jusque dans les plus hautes sphères de la société, provoquant la radiation de l’auteur de l’Ordre de la Légion d’Honneur. A ce propos, le roman est accompagné d’articles et de lettres qui expliquent le contexte de l’époque, la contestation qui a suivi la publication du roman et le soutien public de personnalités comme Anatole France, par exemple.

Si j’ai trouvé ce roman très intéressant au niveau historique, je dois avouer que le style propre à l’époque, plutôt descriptif et lent m’a un peu ennuyé. D’autant que le vocabulaire utilisé et les tournures de phrases nécessitent une certaine concentration.

Un roman sulfureux, parfois même qualifié de pornographique par certains, qui ne choque plus personne aujourd’hui.

Remerciement à Archipoche pour cette lecture.


La garçonne – Victor Margueritte – Archipoche – 2021

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