La commode aux tiroirs de couleurs – Olivia Ruiz

Note : 4 sur 5.

A la mort de sa grand-mère, une jeune femme reçoit en héritage une intrigante commode, objet de tous les fantasmes de ses petits-enfants. Le temps d’une nuit, la narratrice va ouvrir ces neuf tiroirs de couleur, et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant ces nombreux secrets qui ont scellé le destin de plusieurs générations de femmes, entre France et Espagne.

Avis

Après la chanson, Olivia Ruiz se lance dans l’écriture de romans, autant dire qu’elle est attendue au tournant. En réalité, ce premier roman est très réussi.

A la mort de sa grand mère qui l’a élevée, une jeune femme hérite d’une commode aux tiroirs colorés, objet de convoitise de tous les enfants de la famille, qui imaginent les trésors qu’elle contient.

Et l’ouverture des tiroirs va propulser la jeune femme dans le passé et, en particulier dans l’histoire de Rita dite l’Abuela. Chaque tiroir contient des objets et quelques mots, souvenirs d’une vie mouvementée qui démarre dans l’Espagne de Franco pour se terminer en France.

D’emblée, j’ai apprécié le personnage de Rita. Cette femme forte, au tempérament volcanique, vit la rage au ventre et des rêves plein la tête. Elle raconte ces rencontres qui changent la vie et les déconvenues que la vie impose. Cette envie féroce de vivre et d’être libre, la colère et la fougue de Rita sont presque contagieux.

A viser l’impossible, on peut atteindre au moins le merveilleux.

Evidemment, ce roman aborde la question des origines et cet attachement permanent au pays qui nous a vu naître. Rita, comme beaucoup d’exilés de première génération, découvre ce paradoxe de se sentir un étranger partout, tant dans son pays d’origine que dans son pays d’accueil. Et, dans son cas, cet attachement à l’Espagne va la pousser à redécouvir ce pays tant aimé, malgré les conséquences désastreuses sur sa famille.

Probablement inspiré de son histoire familiale, Olivia Ruiz nous offre un récit intime, réaliste et parfois dur, mais teinté d’humour et de pudeur. J’ai beaucoup aimé l’écriture directe, sans atermoiement, centrée sur les émotions, les sensations et pensées de Rita.

Un roman qui prend aux tripes et qui nous emporte dans le tourbillon de la vie de Rita, au fil de l’ouverture des tiroirs de la commode. Je trouve d’ailleurs qu’amener l’histoire de cette façon est une très bonne idée. Sans s’en rendre compte, on a lu la moitié du roman.

Je n’attendais pas Olivia Ruiz dans ce registre, mais j’ai été très agréablement étonnée par cette histoire d’une lignée femmes de caractère.


La commode aux tiroirs de couleurs – Olivia Ruiz – Editions JC Lattès – 2020

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