Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Note : 3 sur 5.

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »

Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Avis

Si vous cherchez un blog qui donne des avis différents de la majorité, vous êtes au bon endroit! Après Les aérostats d’Amélie Nothomb, que je n’ai pas du tout aimé, voici mon avis sur Né d’aucune femme, qui a reçu plusieurs prix littéraires et que la blogosphère encense depuis sa parution. Non pas que j’ai détesté ce roman mais mon avis est, disons, plus mitigé.

Né d’aucune femme nous raconte l’histoire de Rose à travers son journal intime. Issue d’une famille pauvre, elle est vendue par son père, alors qu’elle est âgée de 14 ans, au Maître des forges comme cuisinière, femme de ménage et autres joyeusetés que l’on vous laisse imaginer. Son quotidien ne lui laisse aucun loisir si ce n’est celui de déchiffrer le journal le soir, dans sa chambre sous les toits, en cachette. Isolée, elle va naturellement se rapprocher d’Edmond, le jardinier et palefrenier du domaine.

Mis à part « la vieille » et « le maitre » qui sont des êtres abjects, les autres personnages, par leur réalisme et la profondeur de leurs émotions, sont attachants. On ne peut que se mettre à leur place et comprendre leurs sentiments partagés entre culpabilité et peur.

Ce roman comporte beaucoup de violences, qu’elles soient morales ou physiques, avec des scènes terribles, insoutenables, de viol et de torture qui m’ont fait me crisper.

Roman social, Né d’aucune femme dénonce les mauvais traitements que subissaient les domestiques à une certaine époque, devenant propriétés du maître qui avait droit de vie ou de mort sur chacun d’eux, ne leur laissant aucune possibilité de se défendre ni d’améliorer leur condition.

Dans ce roman, j’ai été particulièrement dérangée par l’écriture. Des phrases à rallonge, plutôt alambiquées, parfois philosophiques, qui nécessitent une réelle concentration. Finalement, je trouve que le récit est trop travaillé et qu’il ne colle pas à ce que l’on nous dit des personnages, qui ne sont jamais allés à l’école et qui sont à peine lettrés. L’utilisation du langage oral nous les rend plus proches mais on sent tellement fort le travail d’écriture qu’il y a derrière ce roman que la lecture n’est pas naturelle.

Malgré la thématique de l’identité, intéressante et bien traitée, ce roman sans réelles surprises me laisse perplexe.


Né d’aucune femme – Franck Bouysse – La Manufacture de livres – 2019

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :