Les corps conjugaux – Sophie de Baere

A 18 ans, Alice Callandri quitte son village et les concours de beauté pour aller étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans ?

Avis

La narratrice de ce très beau roman est Alice. Adulte, elle porte un regard critique sur son enfance et son adolescence à courir les concours de beauté, de Miss et à tourner des publicités. Car pour Silvia, sa mère, afficher cette beauté blonde aux yeux bleus est comme une revanche sur la vie triste qu’elle mène.

Alice a une relation très forte avec sa sœur et son frère handicapé. A la mort de celui-ci, elle prend conscience de l’avenir qui l’attend et décide de prendre sa vie en main et se rend à Paris.

J’ai beaucoup aimé l’écriture de Sophie de Baere, plutôt « visuelle », elle nous immerge complètement dans le monde d’Alice. On sourit à l’évocation d’Alessandro, un adulte avec l’esprit d’un enfant, un rayon de lumière pour son entourage.

A Paris, une rencontre va bouleverser Alice et l’histoire d’amour fou avec Jean va devenir le centre de sa vie. Tout cela pourrait se dérouler tranquillement et devenir une histoire banale si Silvia ne décidait à ce moment-là d’avouer un terrible secret à Alice. Une annonce fracassante qui va provoquer un choc chez Alice mais aussi chez le lecteur. Pour elle, la seule réaction opportune est la fuite. Elle prend la décision radicale de tout quitter, de s’éloigner de sa petite fille et de son mari adoré.

Au fil du texte, Alice partage ses pensées avec nous. Du bonheur absolu au choc de l’annonce, puis les émotions qui explosent en tous sens. Alors que la thématique pourrait en choquer plus d’un, j’ai trouvé que Sophie de Baere racontait l’histoire d’Alice avec beaucoup de pudeur et d’humanité, la rendant proche de nous.

Mais la distance n’empêche pas les questions et la fille d’Alice fait aussi quelques incursions dans le roman. Devenue adolescente, elle partage son mal-être, le besoin de connaitre sa mère et de comprendre qui elle était.

Finalement, on en vient à se demander si Alice a fuit pour se protéger elle-même ou, comme elle le dit, pour protéger sa fille et son homme de la vérité. Parce qu’eux vivent cet abandon avec beaucoup de difficultés, l’ignorance les empêchant de tourner la page et de faire leur deuil.

Un roman sur l’identité, qui se lit d’une traite et qui m’a littéralement emporté.

Une très belle découverte, des émotions fortes et beaucoup de larmes. En général, c’est le signe que j’ai aimé le roman. En fait, c’est un véritable coup de cœur!

Remerciement aux Editions JC Lattès pour cette lecture.

 


Les corps conjugaux – Sophie de Baere – Editions JC Lattès – 2020

 

 

 

 

 

 

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