Débâcle – Lize Spit

La même année qu’Eva sont nés deux garçons dans le petit village flamand de Bovenmeer. Les « trois mousquetaires » sont inséparables, mais à l’adolescence leurs rapports se fissurent. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un plan : faire se déshabiller devant eux les plus jolies filles du village, et plus si possible. Pour cela, ils imaginent un stratagème : la candidate devra résoudre une énigme en posant des questions ; à chaque erreur, elle devra enlever un de ses vêtements. Eva doit fournir l’énigme et servir d’arbitre si elle veut rester dans le groupe. Elle accepte, sans savoir encore que cet « été meurtrier » la marquera à jamais.

Treize ans plus tard, Eva retourne pour la première fois dans son village natal avec un bloc de glace dans son coffre. Cette fois, c’est elle qui a un plan.

Avis

Eva est la narratrice de cette histoire. Adulte, elle retourne dans le village de son enfance et se souvient des événements de l’été 2002.

Les personnages principaux sont des pré-adolescents un peu livrés à eux-mêmes, dans un petit village de la campagne flamande. Toujours fourrés ensemble, Laurens, Eva et Pim font les quatre cents coups. Les adultes, s’ils sont présents, ne sont pas vraiment cadrants; la famille d’Eva étant même dysfonctionnelle.

L’histoire se présente sous la forme d’un aller-retour constant entre le mois de juillet 2002 et l’époque actuelle, qui voit revenir Eva au village.

L’écriture, qualifiée d’hyperréaliste, ne laisse aucune place à l’imagination du lecteur. Tout est décrit dans les moindres détails : les jeux de ce groupe de jeunes, la découverte de leur corps et leur intérêt croissant pour les filles et la sexualité, sans parler des tocs de Tessie, la soeur d’Eva, qui sont détaillés à l’extrême.

L’ambiance générale est malsaine et glauque. Débâcle dégage une sensation de malaise permanent, nous laissant dans l’attente de la catastrophe annoncée.

Et il en faut de la patience pour avoir le droit de connaitre les événements traumatisants de l’été 2002 puisqu’ils n’apparaissent vraiment qu’après la page 300!

C’est lent, long et trop détaillé à mon goût, l’écriture est très linéaire et le suspense inexistant. Finalement, j’étais tellement anesthésiée par tous ces détails que l’événement ne m’a pas vraiment surpris. La seule chose qui m’a fait tenir jusqu’au bout tient bêtement dans le fait que les critiques d’autres blogueurs annonçaient une fin particulièrement marquante, qu’il ne fallait pas rater.

Au-delà de l’histoire, ce que je retiens de la lecture de Débâcle est surtout l’influence du groupe dans le comportement d’un être humain. Chacun d’entre nous est-il capable d’actes barbares s’ils lui permettent d’être accepté et reconnu par le groupe? Pour moi, ce roman a fait écho à un fait tragique qui s’est déroulé en Belgique il y a quelques mois et qui m’a révolté par sa cruauté.

Une fois de plus, je ne suis pas d’accord avec l’avis général, qui encense ce roman…

 


Débâcle – Lize Spit – Editions Actes Sud – 2018

 

 

 

 

 

 

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